Les Quartiers

Barcelone est une ville aux multiples visages que l’on vous invite vivement à explorer.

Des districts, des quartiers, des anciens cœurs de villages, en l’espace de quelques rues, le paysage et l’ambiance se transforment. Atmosphère populaire dans les anciens quartiers industriels, verdoyante sur les collines, authentique dans les rues tortueuses, cossue sur les hauteurs, vous serez surpris par la diversité qu’offre la capitale catalane.

Pour vous aider dans votre exploration, voici une petite présentation des quartiers…

Les Quartiers

  

  • Ne passez pas à côté de ce quartier très authentique. Seuls les voyageurs les plus audacieux se détourneront de la Via Laietana, construite dans la première décennie du XXème siècle, pour pénétrer dans le quartier de Sant Pere. Il conserve, encore de nos jours, sa structure médiévale, avec des rues étroites, sinueuses et entrelacées.

    Le quartier de Sant Pere surgit quand Barcelone éprouve le besoin de s’étendre en dehors de l’enceinte romaine, à partir du XIème siècle, autour du monastère de Sant Pere de les Puelles, qui exerçait alors une domination féodale sur ces terres. Quartier corporatiste (surtout les métiers liés au textile), il connaît une grande activité mercantile dont l’apogée se situe entre le XIIIème et le XVIIème siècle. Aujourd’hui s’y concentre essentiellement une activité commerciale.

    La Ribera

    Centre économique de la ville entre le XIIIème et le XVème siècle – les riches marchands y édifièrent leurs splendides palais, comme ceux que l’on voit encore dans le Carrer de Montcada – il perd de l’importance au XVIème siècle suite à leur départ vers le quartier de la Mercè et le nouveau port. La dénomination provient du nom du hameau initial situé sur la rive du canal d’irrigation comtal (Ribera de la Rec Comdal), un cours d’eau aujourd’hui imperceptible.

    En 1714, la moitié de la Rivera est détruite pour construire la Ciutadella et, de la même manière, quand celle-ci est démolie en 1870, on bâtit sur l’esplanade l’ancien marché du Born et le Parc de la Ciutadella.

    Longtemps désorganisé, le quartier a végété en attendant un regain d’intérêt. La fringale de restauration qui s’est emparée de Barcelone depuis les Jeux Olympiques a sauvé ces jolies ruelles de la ruine. La Ribera est devenu un secteur à la mode, mais derrière cette façade clinquante demeure une atmosphère authentique.

  • Le quartier fut baptisé Barri Gòtic au début du XXème siècle en raison du grand nombre d’édifices gothiques concentrés dans un si petit périmètre. Ses ruelles pittoresques offrent un concentré de l’histoire de Barcelone.

    Ses derniers lambeaux de murailles antiques ou ses somptueux palais Renaissance portent encore les stigmates des agressions dévastatrices. Le secteur du Call rappelle le pogrom de 1391 tandis que les blessures de Sant Felip Neri tardent à cicatriser depuis la guerre civile espagnole.

  • Ne vous attendez pas à trouver des pagodes, restaurants et magasins chinois !! À Barcelone, contrairement à Paris, Londres ou New York, le « Quartier Chinois » n’a de chinois que le nom. L’origine de cette dénomination provient d’une série de reportages publiés par l’écrivain Paco Madrid en 1925 sur les bas-fonds de Barcelona, utilisant cette appellation pour le «quartier canaille» de l’époque, un nom que la société bohème de Barcelone va très vite reprendre. 

    Caractérisé à l’époque par ses maquereaux, bordels et prostituées, depuis les J.O. de 1992, c’est un quartier en pleine transformation.

  • Une zone peu peuplée jusqu’au XVIIIème siècle, si ce n’est par quelques pêcheurs dans des conditions très précaires. Sur ordre du pouvoir militaire, après la prise de Barcelone en 1714, on décide de construire un nouveau quartier dont les maisons ne doivent pas dépasser un étage afin de ne pas faire obstacle à la trajectoire des projectiles lancés par les canons depuis la forteresse militaire de la Ciutadella.

    Les premières maisons se construisent à partir de 1753 et le quartier se remplit de pêcheurs et de personnes liées à l’activité portuaire proche.

    L’ambiance touristique et cosmopolite actuelle, surtout après les rénovations pour les J.O. de 1992, cohabite toujours avec l’odeur de salpêtre et quelques ruelles noircies subsistent encore. Mais les traces des bidonvilles (où vivaient les immigrants du reste de l’Espagne durant tout le XXème siècle) et les cabanes des Gitans qui habitaient la zone ont complètement disparu.

  • Le Passeig de Gràcia suit le tracé de l’ancien Camino de Jesús qui unissait el Portal del Angel, entrée de la ville fortifiée, et le village indépendant de Gràcia, puis continuait jusqu’à l’abbaye bénédictine de Sant Cugat (IXème siècle), centre de spiritualité du Comté de Barcelona.

    Le chemin fut urbanisé pour la première fois en 1821 mais prit toute son importance avec le plan Cerdà et la configuration de l’Eixample. En vous promenant sur le Passeig de Gràcia vous passerez sans aucun doute à côté de la Casa Batlló ou de la Pedrera. Mais n’hésitez pas à vous éloigner un peu de cette magnifique artère, de ses boutiques de marque et ses demeures prisées par les touristes pour découvrir bien d’autres recoins qui méritent de flâner.

  • L’actuel quartier de Gràcia était à l’origine un territoire peu peuplé, dépendant de la ville de Barcelone. Entre le XVIème et le XVIIème siècle, aux fermes isolées de la zone se joignent trois couvents, et en 1628 les terrains sont agglutinés autour de la paroisse.

    Entre 1850 et 1897 c’était une municipalité indépendante, la Vila de Gràcia. Le développement vécu dans Barcelone avec le Plan Cerdà dans les années 1870 et les projets d’intérêt commun avec Barcelone (ex. Passeig de Gràcia en 1880) favorisent les voix qui conseillent l’union pour améliorer le manque d’équipements et de services d’un quartier qui était alors déjà très peuplé.

    En 1897 l’unification se produit, quand la Vila de Gracia comptait 62.000 habitants. Depuis toujours Gràcia maintient une vie politique et sociale très active et un riche tissu d’institutions civiques, culturelles, récréatives, artistiques et sportives très ancrées dans le quartier.

  • “Sarrià, vents, torrents, torres i convents”

    Adossé aux flancs de la chaîne montagneuse de Collserola, sans doute un des quartiers les plus emblématiques de Barcelone, Sarrià a su conserver au fil du temps un air tranquille et offre toujours un certain côté village. C’est la dernière municipalité à avoir été incorporée à la grande Barcelone en 1921.

    Le saviez-vous? Sarrià possédait sa propre compagnie ferroviaire. Son terminus se trouvait Plaça de Catalunya. Elle était plus connue sous le nom du Tren de Sarrià. C’est pour cela que vous prenez le ferrocarril sur cette ligne pourtant intégré au réseau TMB de la ville.

    Pedralbes

    Au nord de l’avenue Diagonal, le quartier de Pedralbes (du latin «petras albas», pierres blanches, qui fait référence à la couleur claire de la roche de cette zone) réunit des familles au fort pouvoir d’achat qui vivent dans de luxueux appartements ou de belles demeures.

    Le quartier occupe une zone de forêt qui entourait le monastère de Pedralbes au XIXème siècle, lieu favori de promenade dominicale des barcelonais de cette époque. Son urbanisation commença au début du XXème siècle, pour en faire une zone résidentielle avec de grandes avenues et de nombreux espaces verts, où cohabitent de prestigieux centres éducatifs (comme l’école de commerce ESADE) et sanitaires.

    Tres Torres

    Zone entre Sant Gervasi et Sarrià qui surgit entre 1901 et 1903 avec la construction de trois tours seigneuriales à l’initiative de trois voisins de Sants. Avec le temps cette dénomination s’est popularisée comme le nom du quartier. Tout au long du XXème siècle il devient une zone d’appartements de haut standing à laquelle s’ajoutent plus tard des logements construits sur les terrains qu’occupait l’ancien stade de football de Sarrià le Club Deportivo Español de Barcelona.

  • La colline de Montjuïc, mont des Juifs en catalan, est un endroit à découvrir pour son mélange d’histoire et de modernité. On flâne ici aussi pour se plonger dans la nature en pleine ville, humer l’odeur des pins à l’approche de l’été et profiter des points de vue saisissants sur Barcelone, tout en se cultivant.

    Montjuïc est comme un trait entre deux univers très différents: le port de commerce et la ville. Même si quelque peu vallonné, cet espace verdoyant riche en couleurs est agréable à parcourir en vélo.

  • Enclavé entre la montagne de Montjuïc, le port de Barcelone et le noyau le plus ancien de la ville, on y trouvait à l’origine des champs et des jardins, entre la muraille et la montagne. En 1714, après la prise de Barcelone par les troupes bourboniennes pendant la Guerre de Succession, la montagne est déclarée zone militaire, la forteresse de Montjuïc est bâtie et les constructions sont interdites pour ne pas faire obstacle aux projectiles. Pour ce motif, quand les murailles de la Ciutat Vella de Barcelone sont détruites en 1854, le quartier ne fait pas partie des considération du Plan Cerdà.

    Pendant la deuxième moitié du XIXème siècle, on commence à édifier des demeures précaires pour les ouvriers, jusqu’à ce qu’en 1882 on abolisse définitivement l’interdiction de construire. À cette époque les usines textiles qui fonctionnaient à la vapeur ont commencé à absorber de grandes quantités d’eau, mettant à sec les puits du quartier, ce qui lui donna son nom !!

    Dans les années 40, et encore aujourd’hui, le quartier était connu pour sa vie nocturne (cabarets, théâtres et café-bars) laissant à l’époque planer sur l’Avenue du Parallèle des airs d’un petit Paris. C’est toujours un quartier populaire auquel se sont ajoutées différentes vagues d’immigration.

  • Ancien terrain marécageux proche de l’embouchure de la rivière Besos. À partir du XVIIIème siècle, apparaissent dans la zone la Maison de la Quarantaine, où on filtrait les voyageurs suspects de pouvoir introduire des maladies dans la ville, le cimetière à l’extérieur des murailles, et quelques fabriques d’indianas (tissus en coton d’origine asiatique).

    Avec la révolution industrielle, depuis le premier tiers du XIXème siècle, d’autres usines s’implantent, et les premières maisons pour les ouvriers sont construites, d’où la dénomination Poblenou qui apparaît entre 1840 et 1850. Le développement industriel continue, favorisé par la première ligne de chemin de fer d’Espagne entre Barcelone et Mataró (1848) qui passait sur la plage, et le convertit en une zone très peuplée, avec de mauvaises conditions de logement, et insalubre. Bien après le début du XXème siècle il se produisait souvent des épidémies de choléra, de typhus ou de variole, causes d’un grand taux de mortalité.

    À partir de 1870, le quartier se regroupe autour de la Rambla, initialement dénommée Passeig del Triomf. Ces derniers temps il a subi une grande transformation. Bien que les cheminées se maintiennent comme vestige du passé industriel et qu’il reste encore quelques industries, la majorité des usines et des entrepôts ont cédé le pas à de modernes bureaux, lofts, ateliers de design, des hôtels et même des discothèques.

    Poblenou est devenu un quartier populaire charmant où se côtoient des familles «bobo» et une population cosmopolite.